Dossier : Quelles races bovines pour relever les défis de notre agriculture ?

Cover Races bovines

 

 

Notre dossier sur les races mixtes est disponible !

Version résumée ci-dessous

Version complète sur ce lien.

Bonne lecture !

 

 


En 2016, citoyens et agriculteurs se sont réunis afin d’élaborer des pistes pour l’avenir du secteur laitier en Wallonie. L’évolution de la politique agricole européenne vers la mondialisation et le libre-échange provoque une volatilité des prix des matières premières et des produits animaux, notamment le lait, amenant les éleveurs dans une situation difficile. Les discussions issues des rencontres mettent en avant une volonté de diriger l’élevage wallon vers des fermes plus résilientes, autonomes vis-à-vis des intrants, davantage tournées vers des productions de qualité et reconnectées aux consommateurs locaux. Le développement de filières de qualité différenciée et la mise en avant des services rendus par l’élevage sont des clés de cette évolution.

Les systèmes de production les mieux à même de répondre à ces objectifs sont les systèmes herbagers à faibles niveaux d’intrants. En effet, la vache à l’herbe fournit un lait et une viande de qualité supérieure et elle optimise les bénéfices de l’élevage, environnementaux (moindre pollution, cycle de l’eau, de l’azote, puits de carbone…), économiques (tourisme, autonomie) et sociaux (bien-être des populations). Elle jouit également d’une image positive auprès des citoyens, soucieux du bien-être animal et de l’impact de l’élevage sur l’environnement. Il a été mis en évidence par de nombreuses études que les systèmes herbagers extensifs sont les modèles les plus durables et résilients de production laitière.

L’élevage bovin wallon repose actuellement sur deux productions : le lait et la viande, impliquant des races bien distinctes, principalement la Holstein en système laitier et la Blanc Bleu Belge en élevage allaitant. Ces deux races, si elles montrent des performances inégalées en termes de productivité, ne semblent pas être les mieux adaptées aux systèmes herbagers à faibles intrants. En effet, leur potentiel de production est pleinement valorisé par une alimentation à haute valeur nutritive, impliquant la production ou l’achat et l’utilisation d’aliments concentrés. Ces races sont moins rustiques et nécessitent une gestion fine et davantage de soins, ce qui est peu compatible avec la variabilité saisonnière de la quantité et de la qualité des fourrages disponibles sur la ferme en système herbager. Pour mieux adapter la Holstein aux objectifs d’un élevage économe et autonome reposant sur l’herbe, il est nécessaire de choisir ou de développer des lignées génétiques plus rustiques et à moindre potentiel laitier, permettant davantage d’adaptabilité de la vache laitière. Un croisement avec des races plus rustiques permet également l’obtention de qualités intéressantes dans la descendance.

Les races bovines mixtes présentent d’excellentes qualités pour mettre en valeur les systèmes herbagers à faibles intrants. Elles sont bien adaptées à une alimentation à base de fourrages dont la qualité est variable, elles produisent un lait généralement de meilleure qualité (notamment plus riche en caséines) et une viande mieux valorisable qu’une vache spécialisée dans le lait. Les races mixtes sont plus rustiques, nécessitent moins de soins et de compléments alimentaires. Leur moindre production est potentiellement compensée par ces différentes qualités. Néanmoins, des efforts de sélection doivent être réalisés afin d’améliorer certains défauts : qualité du pis de la Rouge Pie de l’Est et teneurs en matières grasses du lait de la Blanc Bleu mixte.

Différents leviers peuvent permettre le redéveloppement des races mixtes en Wallonie : une meilleure connaissance de leur potentiel économique via des études complètes et chiffrées, le développement de filières de valorisation du lait de races mixtes en produits fromagers via des coopératives rassemblant producteurs, consommateurs et PME de transformation, le développement des compétences de la filière sur ces races et l’organisation de la sélection génétique permettant d’améliorer les races tout en conservant leurs principales qualités : rusticité et mixité. Enfin, il faut particulièrement veiller à la disponibilité de reproducteurs pour les races à faibles effectifs.

Le développement des races mixtes en région herbagère dans des systèmes à faibles intrants permettrait de rééquilibrer la production laitière wallonne, couvrant actuellement 118 % des besoins, largement excédentaire en fabrication de poudre de lait et déficitaire en production fromagère. Le lait des races mixtes à l’herbe est en effet le mieux adapté à la fabrication de fromages, potentiellement valorisés par des signes de qualité européens ou régionaux. Pour Nature & Progrès, il est primordial d’encourager leur développement aujourd’hui en rassemblant les acteurs, éleveurs, consommateurs, fromagers et bouchers, pour élaborer les filières de demain.


 

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