Retour sur le colloque céréales du 15/11/2019

Vendredi 15 novembre 2019, en conclusion des deux années d’étude sur le sujet, nous avons organisé, à Namur, une journée autour des pistes de développement des filières céréalières alimentaires en Wallonie. Une thématique porteuse puisque vous étiez plus de 130 à être présents. Le Ministre wallon de l’Agriculture, Monsieur Willy Borsus, nous a honoré de sa présence et a inauguré cette journée en rappelant l’importance de se réapproprier nos filières alimentaires localement, en insistant sur le besoin de remettre la main sur la plus-value de nos céréales via la transformation.

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Programme de la journée

 

Résumé des ateliers participatifs

  • Céréales brassicoles

  1. Reflexion sur les pistes supplémentaires pour développer la filière

Une grande partie de la discussion sur  les critères de contrôle de l’AFSCA pour les petites structures artisanales. Un rappel a été fait du fait que l’AFSCA applique les normes européennes, avec une attention sur le fait qu’il n’est pas dans l’intérêt du petit producteur de diminuer la norme. C’est peut-être l’application des contrôle qui doit être revue, avec des coûts adaptés pour les analyses et des manuels en libre-service. Il y aurait-il une filière ayant déjà un fonctionnement spécifique pour les filières courtes sur laquelle se calquer ?

Cette discussion a permis de rebondir sur les critères techniques spécifiques à l’orge brassicole. Le projet a en effet mis en avant la nécessité de revoir les critères pour les adapter aux besoins des microbrasseries. Cependant, il existe là aussi des critères sanitaires auxquels nous ne voulons échapper, comme la non-contamination aux mycotoxine. Pour ce point, ce n’est pas le critère qui pose problème mais le savoir-faire nécessaire pour diminuer le risque de contamination. Les participants ont mis en avant le besoin d’un guide des bonnes pratiques concernant les cultures de céréales alimentaires. Même si ces bonnes pratiques se retrouvent dans le Livre Blanc depuis des années, cet outil ne semble pas remplir son objectif à ce niveau puisque peu de gens sont au courant. Et quid d’un Livre Vert spécifique au bio ?

CePiCOP (le centre pilote céréales et oléoprotagineux) a mis en place un système d’alerte lié aux risques sanitaires. Il faudrait un système d’alerte adapté à l’agriculture biologique ! Car pour l’instant il s’agit de proposer des solutions chimiques.

2) Questions supplémentaires aux intervenants.

  • Est-ce qu’un malt Pilsner déclassé peut être utilisé en malt spécifique ?

Difficilement, car même un malt spécial doit respecter les normes. Il sera juste plus « cuit » lors du processus de maltage. A la limite, ce serait possible pour un malt torréfié (car très cuit) mais la demande pour ce genre de malt est minime.

  • Pourquoi est-ce que la demande en malt local n’augmente-elle pas plus ?

Tous les brasseurs ne sont pas prêt à supporter le surcoût lié à l’utilisation d’un malt local (qui est pourtant dérisoire!), tout en étant pas persuadés de la valeur ajouté que cela apporte auprès du consommateur. Il y a un travail de sensibilisation à faire à ce niveau-là.

  • La piste des incitants financiers est-elle à creuser pour que le producteur est moins peur du risque de déclassement ?

La première chose à faire est de diminuer le risque de déclassement par le savoir-faire adapté à la technicité de cette culture. On pourrait imaginer un incitant en fonction du niveau de risque, selon la météo de l’année. Mais il ne faut pas totalement déresponsabiliser l’agriculteur, le détacher de sa culture. Quand on fait des céréales alimentaires, cela demande de mieux suivre sa culture qu’en fourrager.

  • Céréales panifiables

Différents points ont été abordés :

  • La nécessité de développer des filières céréales alimentaires en Wallonie, tant à petite échelle qu’à plus grande échelle (tonnages).
  • Le besoin de moulins, travaillant à façon, pour prendre en charge ces céréales et les transformer en farines. Il manque des acteurs tant pour les petits que pour les grands volumes de grains.
  • Le potentiel de développement d’itinéraires techniques, notamment en bio, pour optimiser le taux de protéines dans les grains panifiables (ex : associations céréales-légumineuses).
  • Le besoin d’intermédiaires de tri et de conditionnement des céréales. Les outils de tri se démocratisent et peuvent être investis en individuel ou en collectif.
  • La formation des boulangers n’initie pas, pour le moment, aux méthodes artisanales de fabrication de pain. Elles sont davantage axées sur le pâtisserie (qui apporte la plus-value). Ces formations sont obligatoires pour l’accès à la profession.
  • Un atelier partagé de boulangerie, comme les ateliers fromagers du CARAH et de Ciney, des outils à développer ? Cet atelier peut aussi proposer de la formation.
  • L’envie de protéger nos marchés des importations de grains, mais c’est évidemment compliqué en raison de l’interdiction du protectionnisme dans le cadre des règles commerciales de l’Union Européenne.

Remerciements

Nous remercions le SPW pour la mise à disposition des locaux, Monsieur le Ministre pour sa participation, l’Artisane Culinaire pour le buffet de midi, les bénévoles de Nature & Progrès pour leur aide précieuse, et tous les participants pour leur intérêt pour le projet. Les retours positifs furent nombreux.


 

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