Eleveurs laitiers modèles en autonomie : Dany et Nathalie Dubois à Chièvres

 

Nous avons rencontré Dany et Nathalie Dubois le samedi 4 juin 2016 à l’occasion du cycle de visites de fermes et fromageries coopératives modèles d’autonomie pour l’élevage laitier wallon.

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C’est en 1993 que Dany reprend la ferme familiale comportant 30 hectares près de Chièvres, dans le Hainaut. Si auparavant, une telle surface suffisait à fournir un revenu décent à une famille, la mutation de l’agriculture laissait peu d’espoir de pouvoir encore vivre de cette activité, à moins d’agrandir, chose difficile étant donné la pression sur les terres dans cette région de culture intensive. Vétérinaire, Dany préservait le patrimoine familial en pratiquant une agriculture « à titre de hobby ». Pourtant, suite à des problèmes de santé et voyant les éleveurs laitiers voisins arrêter, Dany décide de revoir le fonctionnement de sa ferme en développant la vente directe, en multipliant les produits proposés au consommateur et aussi en repensant l’autonomie de ses élevages. Il passe en agriculture biologique en 2007. Aujourd’hui, sur quatre-vingts hectares, Dany et sa famille peuvent vivre de leur activité à la ferme sans devoir compter sur une autre source de revenus.

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La ferme du Moulin comprend un élevage laitier d’une soixantaine de vaches Jersey, un élevage allaitant d’une trentaine de Salers ainsi que des porcs, volailles, lapins et autres petits élevages destinés à la vente directe de viande. Les races choisies sont rustiques. La Jersey est une petite vache produisant un lait très concentré, idéal pour la transformation en beurre, crème glacée, fromage frais et yaourts. Elle peut faire sept à huit lactations avant d’être réformée lorsque le taux de cellules dans le lait devient trop élevé.

Les pratiques de Dany sont un exemple pour l’autonomie alimentaire d’un troupeau laitier. En effet, Dany vise un système économe et autonome, résilient et résistant aux crises. En production biologique, les intrants sont plus chers, il faut donc apprendre à s’en passer et à valoriser l’herbe, aliment de base des bovins. Selon Dany, le passage au bio est surtout une révolution intellectuelle et demande de faire davantage d’agronomie pour optimiser la conduite de ses élevages.

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Le pâturage, de mars à décembre, est organisé de manière à valoriser au mieux l’herbe des prairies. Si l’on a souvent tendance à lâcher le troupeau dans un grand pré et à le déplacer lorsqu’il n’y a plus d’herbe, le pâturage tournant permet d’offrir environ cinq fois plus d’herbe au bétail chaque année. L’herbe est une culture, pas ce qui pousse « tout seul » dans une mauvaise terre ! Dany a divisé la surface pâturable proche de l’étable en une vingtaine de petites parcelles, et fait tourner le troupeau en les déplaçant tous les deux jours environ. En fonction de la pousse de l’herbe, le tour complet des parcelles prend entre quarante et cinquante jours. Les vaches profitent en permanence d’une herbe riche et n’épuisent pas la prairie par un surpâturage. Les prairies permanentes sont surtout composées de ray-grass anglais et de trèfle blanc.

La ration est complétée par des céréales produites sur la ferme. Dix hectares de mélange, tels que le triticale – avoine – pois bien connu des agriculteurs biologiques, sont cultivés et récoltés en sec ou en céréales immatures. Les un à deux ans de cultures sont précédés par quatre années de prairie temporaire fournissant le fourrage pour l’hiver.

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La moitié du lait produit par les Jersey est vendue à la laiterie tandis que l’autre moitié est transformée par Nathalie à la ferme. Selon Dany, « Si on ne transforme pas, on n’est jamais maître du prix ». La vente en circuit court est donc un bon moyen de maîtrise du revenu de la ferme. Elle a lieu dans le magasin ouvert le samedi matin mais aussi via une supérette, une boulangerie, via des groupements d’achats communs, des restaurants ou des collectivités comme les écoles. La grande et moyenne distribution ne sont pas visés par Dany qui se montre prudent : les producteurs sont démarchés mais pourraient d’ici quelques années être mis en concurrence.

Malgré le peu de publicité faite autour de la ferme du Moulin, les produits rencontrent beaucoup d’intérêt des consommateurs. Si du lait supplémentaire peut être rendu disponible pour augmenter la part de la transformation, c’est surtout le temps qui manque à la famille Dubois. Il faudrait alors engager une personne supplémentaire à la ferme, solution que Dany n’envisage pas pour le moment car son objectif initial, qui était de vivre de son activité agricole, est bien atteint.

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Ferme du Moulin

Rue des Héros de Roumont 26, 7950 Grosage

Tel : 069 68 94 76l     lafermedumoulin@skynet.be

Magasin ouvert le samedi de 9h à 12h

 


 

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