Pesticides dans les fruits bio ? Restituons le contexte !

Tests-Achats a récemment publié un article dénonçant la présence de résidus de pesticides dans des pommes et poires bio. Celui-ci a suscité énormément de réactions chez les consommateurs et dans la presse, déforçant l’image du secteur bio. Avant de tirer les conclusions de cet article, penchons-nous sur l’origine de ces chiffres et sur le contexte ! Le secteur bio a souhaité, à travers un communiqué de presse, informer sur la question. 

 

Communiqué de presse : des résidus de pesticides dans les fruits bio ? Restituons le contexte !

COLLECTIF DES PARTENAIRES ACTIFS AU SEIN DU SECTEUR BIO FRANCOPHONE

La dernière enquête de Test Achats[1] mettant en évidence des résidus de pesticides dans 2 pommes et 2 poires bio sur un total de 7 fruits bio testés en a surpris plus d’un, y compris dans le secteur bio lui-même. Au nom du Collectif des acteurs actifs au sein du secteur bio francophone, nous souhaitons rappeler quelques éléments fondamentaux non précisés dans l’article de Test Achats et qui remettent les résultats dans leur contexte :

  1. L’agriculture biologique est un mode de production où l’utilisation de pesticides de synthèse est proscrite

Il est important de rappeler que l’agriculture biologique est avant tout un mode de production respectueux de l’environnement où l’utilisation des pesticides de synthèse est proscrite. En effet, lorsque des produits sont employés pour la santé végétale en agriculture biologique, ils sont de toute autre nature : il s’agit de substances naturelles telles que la cire d’abeille, la gélatine, les huiles et extraits végétaux,… qui ne sont utilisées que si les méthodes préventives n’ont pas donné de résultats satisfaisants. Parmi ces méthodes, citons le choix de variétés résistantes aux maladies, l’augmentation de la biodiversité, la lutte biologique,….

Les risques d’effets cocktail mentionnés par Test Achats ne concernent en aucun cas les produits bio. L’augmentation de la demande des consommateurs en produits bio sera le moteur de la croissance du secteur et de la diminution des risques liés aux polluants chimiques sur la santé et l’environnement !

  1. Les normes de résidus de pesticides appliquées pour le bio en Belgique sont bien en deçà de la limite officielle

Concernant les résidus de pesticides, des normes spécifiques, fixées par les autorités belges, sont appliquées aux produits issus de l’agriculture biologique. En effet, pour répondre aux attentes des consommateurs qui souhaitent un produit exempt de contamination (dérives en provenance du champ voisin, fraude, mauvaise manipulation), une norme permet un déclassement du produit bio dès le dépassement d’un seuil. Ce seuil est actuellement très bas en Belgique, il correspond au seuil de mesure de la présence du pesticide dans le produit qui est bien en deçà de la limite officielle appliquée aux produits en général (10 à 100 fois plus faible dans la majorité des cas).

Il faut rappeler que les organismes de contrôle belges effectuent de nombreuses vérifications tout au long de la filière bio sur les 3.000 entreprises (exploitations agricoles, firmes agro-alimentaires, importateurs, points de vente,….) qui y sont actives.

  1. Les résultats d’analyse doivent être interprétés en regard du type de produit et des quantités trouvées

Dans son article, Test Achats ne précise pas les types de pesticides retrouvés ni leur quantité, ce qui peut générer des interprétations erronées. Il est donc utile de préciser ici l’importance de replacer les résultats d’analyse dans leur contexte avant de tirer des conclusions hâtives.

Les investigations effectuées par les organismes de contrôle en cas de détection de résidus permettent à ce titre de replacer la contamination dans son contexte. Par exemple, le chlorméquat, comme le souligne Test Achats, est aujourd’hui banni de la fruiticulture mais reste tristement célèbre par sa persistance dans le bois des arbres ; il continue à être détecté sous forme de microtraces dans les fruits d’anciens vergers de poires aujourd’hui convertis en bio. Une autre source de contamination peut être une dérive de pulvérisation en provenance de champs de céréales non bio où son usage est toujours autorisé. Rappelons que, même si le secteur bio s’est développé à toute vitesse cette dernière décennie, la surface bio à l’échelle européenne ne représente que 5,4% des surfaces agricoles utilisables.

Plus d’informations ?    

Services Opérationnels du Collège des producteurs :

Muriel HUYBRECHTS  G- +32 (0)479.93.69.73      muriel.huybrechts@collegedesproducteurs.be

Stéphanie DUYSEN  G- +32 (0)479 65.79.49   stephanie.duysen@collegedesproducteurs.be

[1] Test Achats n°606 mars 2016

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