Tensions entre éleveurs et riverains : un obstacle à l’installation en agriculture

Entre production locale, problèmes à l’installation pour les éleveurs et nuisances pour les riverains, comment faire la part des choses ?

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Origine et importance de la question

Lors de l’assemblée du Collège des producteurs du 12 février, Nature & Progrès a été interpellé par les secteurs porcin et avicole sur un problème auquel font face ces deux secteurs : la forte opposition des riverains à l’installation et à l’extension des fermes. « Comment voulez-vous satisfaire des consommateurs qui veulent absolument du jambon d’Ardenne si, à chaque fois qu’un éleveur de porcs veut s’installer, il doit faire face à une horde de voisins mécontents ?! »

Cette question touchant tant les agriculteurs que les consommateurs, Nature & Progrès a décidé de s’en emparer et d’investiguer la problématique dans le cadre du projet « Echangeons sur notre agriculture ». « Pourquoi une telle opposition du voisinage ? » « Cela concerne-t-il tous les types d’exploitations ? » « Comment soutenir l’élevage en Région Wallonne tout en limitant les nuisances pour les riverains ? » Ce sont les principales questions qui guident notre réflexion.

Premiers éléments

Après quelques recherches bibliographiques, des rencontres avec le secteur lors des assemblées porcine et avicole (les deux secteurs les plus touchés) et une première activité lors des fermes ouvertes 2015, nous avons déjà pu nous faire une meilleure idée des tenants et aboutissants de la problématique.

Tout d’abord, le problème se cristallise principalement dans le cadre des enquêtes publiques. Celles-ci sont organisées à chaque fois qu’un agriculteur fait la demande d’un permis d’exploiter ou d’un permis unique (c’est-à-dire un permis d’urbanisme)[1]. Lors de ces enquêtes publiques, les riverains ont le droit de formuler toutes leurs éventuelles récriminations. Celles-ci sont alors prises en compte dans la procédure de décision d’octroi ou de refus du permis. Leur influence peut être considérable et, dès lors, dans certains cas, anéantir les ambitions professionnelles de certains éleveurs. D’où l’importance cruciale de donner une réponse à ce problème.

Ensuite, deux dynamiques, intrinsèquement liées, jouent un rôle important. D’un côté, les citoyens sont largement déconnectés du monde agricole contemporain. La plupart d’entre eux ne se représentent pas bien la réalité et les besoins des agriculteurs. De l’autre côté, beaucoup d’agriculteurs ont du mal à s’ouvrir sur le monde qui les entoure et à accepter le regard de personnes extérieures au monde agricole. En découle une situation de méfiance et d’incompréhension peu favorable à la construction de relations pacifiées et tolérantes.

Enfin, toutes les fermes ne sont pas touchées de la même façon, certaines n’ont absolument aucun problème à se développer tandis que, dans d’autres cas, les conflits s’enveniment d’une pugnacité et d’une mesquinerie surprenantes. Cependant, il n’est pas forcément évident d’identifier les facteurs qui déterminent comment se construisent les relations de l’éleveur avec son voisinage.

Un sondage pour mieux comprendre les tensions

C’est pour mieux comprendre ces dynamiques que nous avons maintenant décidé d’élargir au maximum l’étendue de notre consultation citoyenne en diffusant un sondage ! Grâce à celui-ci, nous pourrons récolter l’avis d’un large panel de consommateurs-riverains et d’agriculteurs. Cela nous permettra, tout d’abord, de mieux saisir les dynamiques à l’œuvre et, d’ensuite, formuler des propositions concrètes. S’il vous plaît, prenez quelques minutes pour le remplir (le temps moyen de réponse ne dépasse pas 10 minutes) et diffusez-le aussi largement que possible ! Déjà, un tout grand merci !

Rejoignez-nous à la foire de Libramont !

Vous aussi vous avez été impliqué dans de telles relations conflictuelles et vous voudriez nous faire part de votre expérience ? Vous aimeriez en savoir plus sur la problématique ou l’action de Nature & Progrès ? N’hésitez pas à nous rejoindre à la Foire Agricole de Libramont le 26 juillet dès 15 h pour une activité et un débat sur le sujet. Toutes les informations dans notre Agenda.

Sylvie & Marie [2]


[1] Dans certains cas, l’enquête publique n’est pas obligatoire. C’est notamment le cas lorsque l’exploitation n’excède pas un certain nombre d’animaux. Celui-ci varie en fonction du type d’élevage mais est toujours inférieur au nombre moyen d’animaux/exploitation. L’enquête publique concerne donc la majorité des exploitations.

[2] Marie Hoffelinck, licenciée en sciences politiques, étudie plus particulièrement la question des relations riverains – éleveurs dans le cadre d’un stage chez Nature & Progrès. Bienvenue Marie !


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